Sportives les mieux payées
qui gagne quoi, et pourquoi
Le classement, la mécanique des revenus et les précautions à prendre avant de lire un montant.
Dans le classement Forbes publié en décembre 2025, l’Américaine Coco Gauff arrive en tête pour la deuxième année consécutive, avec des revenus estimés autour de 33 millions de dollars, devant Aryna Sabalenka et Iga Swiatek. Huit des dix premières places reviennent à des joueuses de tennis, et l’essentiel de ces sommes provient des contrats de partenariat, pas des gains en tournois.
- Le tennis domine : la moitié des vingt athlètes féminines classées évoluent sur le circuit WTA.
- Le hors-terrain pèse le plus : chez la première du classement, moins d’un quart des revenus vient du jeu.
- 293 millions de dollars cumulés par les vingt premières, en hausse d’environ 13 % sur un an.
- Ce sont des estimations, pas des salaires : deux classements concurrents donnent des chiffres différents.
Qui figure en tête du dernier classement
Le classement de référence est celui que Forbes publie chaque fin d’année. Dans l’édition parue en décembre 2025, Coco Gauff occupe la première place pour la deuxième fois de suite, portée par une saison marquée par sa victoire à Roland-Garros et par un portefeuille de partenariats devenu considérable.
| Rang | Athlète et discipline | Revenus estimés |
|---|---|---|
| 1 | Coco Gauff, tennis (États-Unis) | ≈ 33 M$ |
| 2 | Aryna Sabalenka, tennis (Biélorussie) | ≈ 30 M$ |
| 3 | Iga Swiatek, tennis (Pologne) | ≈ 25 M$ |
Le reste du haut de tableau se lit vite : huit des dix premières places reviennent à des joueuses de tennis. Sur l’ensemble des vingt athlètes retenues, la moitié évolue sur le circuit WTA. Les autres disciplines se partagent le solde, avec des golfeuses, des basketteuses, des footballeuses et, selon les éditions, une gymnaste, une skieuse acrobatique ou une joueuse de badminton.
Un chiffre résume mieux la situation que n’importe quel nom : les vingt sportives du classement cumulent environ 293 millions de dollars sur l’année, en hausse d’à peu près 13 % par rapport à l’édition précédente. Quatorze d’entre elles dépassent les dix millions, un record.
D’où vient réellement cet argent
Ces revenus se composent de deux blocs très inégaux, et la plupart des reprises du classement s’arrêtent au total sans les distinguer. Le premier, ce sont les gains sportifs : primes de tournois, dotations de circuit, salaires de club pour les sports collectifs. Le second regroupe tout le reste, c’est-à-dire les contrats de partenariat, les revenus d’image et les participations dans des marques.
Chez la première du classement, la répartition est éloquente : sur les 33 millions estimés, moins d’un quart provient du jeu proprement dit, le reste venant des contrats signés avec des équipementiers et des marques hors sport. Autrement dit, on ne devient pas la sportive la mieux rémunérée du monde en gagnant des tournois. On le devient en gagnant des tournois suffisamment visibles pour intéresser des annonceurs.
Cette mécanique explique des positions qui paraissent surprenantes. Une athlète très exposée médiatiquement, même sans palmarès écrasant, peut devancer une championne au palmarès supérieur mais moins courtisée par les marques. Le classement mesure une valeur commerciale, pas une hiérarchie sportive.
Pourquoi le tennis occupe presque toutes les places
La domination du tennis tient à quatre caractéristiques que peu de disciplines réunissent. C’est d’abord un sport individuel : la joueuse est identifiée seule, sans partage d’image avec un club ou un collectif. C’est ensuite un circuit mondial qui tourne presque toute l’année, sur tous les continents, ce qui assure une présence médiatique continue plutôt que quelques pics saisonniers. Les dotations des grands tournois y sont d’ailleurs alignées entre femmes et hommes, ce qui reste rare.
Dernier élément, plus discret mais décisif : le tennis féminin bénéficie d’une antériorité médiatique que d’autres sports construisent seulement maintenant. Les audiences, les partenariats et les grilles télé existent depuis des décennies, quand le football féminin ou le basket professionnel féminin ont accéléré bien plus récemment.
Les disciplines qui parviennent à s’intercaler dans le classement partagent souvent les mêmes traits : le golf est individuel, mondial et doté de circuits structurés ; le ski acrobatique bénéficie d’une exposition olympique forte ; le badminton s’appuie sur des marchés asiatiques où il fait partie des sports majeurs.
Comment lire un classement de revenus
Trois précautions évitent les contresens les plus fréquents. La première tient à la nature même des chiffres : ils sont reconstruits à partir de sources publiques, de dotations connues et d’informations de marché, jamais déclarés par les athlètes. Deux classements concurrents peuvent donc annoncer des montants différents pour la même sportive la même année, et un écart de deux ou trois millions sur une première place traduit une méthode de calcul différente, pas une erreur.
La deuxième précaution est fiscale et comptable. Ces sommes sont annoncées brutes : avant impôts, avant commission d’agent, avant frais de structure. Une joueuse de tennis finance son entraîneur, son préparateur physique, ses déplacements et son équipe sur cette enveloppe, ce qui rapproche davantage ces montants d’un chiffre d’affaires que d’un revenu net.
La troisième est temporelle. Un classement est une photographie datée : une blessure, une saison blanche ou un contrat renégocié suffisent à bouleverser l’ordre l’année suivante. Un montant cité sans l’édition dont il provient ne veut pas dire grand-chose.
Un montant de classement n’est ni un salaire, ni une somme perçue nette, ni un chiffre officiel. C’est une estimation, produite par un média, pour une année donnée.
Où se situe l’écart avec les sportifs masculins
L’écart reste d’un tout autre ordre de grandeur : le classement masculin se compte en centaines de millions de dollars pour ses premières places, quand le féminin se compte en dizaines. La différence ne se joue pas sur la qualité sportive mais sur trois structures économiques, qui se renforcent l’une l’autre.
Les droits télévisés
Ils financent l’essentiel des circuits et des championnats, et se négocient sur l’audience constatée. Les compétitions féminines partent de niveaux de diffusion historiquement plus faibles, ce qui pèse sur toute la chaîne de revenus en aval.
Les salaires de club
Dans le football, le basket ou le handball, les masses salariales des championnats masculins n’ont pas d’équivalent côté féminin. C’est ce qui explique la rareté des sports collectifs dans le haut du classement féminin, où le partenariat remplace le salaire.
Le sponsoring
Les annonceurs suivent l’exposition. Un sport déjà très diffusé attire des contrats plus élevés, qui financent une visibilité supplémentaire. L’écart initial se creuse donc de lui-même, sauf rupture d’audience comme en connaissent certaines ligues féminines depuis peu.
La tendance récente va toutefois dans un sens lisible : les montants progressent, le nombre d’athlètes féminines franchissant la barre des dix millions augmente, et la part des disciplines non tennistiques s’élargit doucement.
Ce qui bouge d’une année sur l’autre
Trois mouvements se dessinent sur les éditions récentes. Le premier est l’arrivée de basketteuses américaines dont la notoriété a explosé avec l’essor du championnat WNBA, portées davantage par leurs contrats que par leurs salaires sportifs. Le deuxième est la solidité du golf féminin, régulièrement représenté par plusieurs joueuses. Le troisième est le renouvellement rapide du haut de tableau au tennis, où une percée en Grand Chelem se traduit presque toujours par une remontée dans le classement des revenus l’année suivante.
Pour anticiper l’édition suivante, deux indicateurs suffisent à surveiller : les vainqueures des quatre tournois du Grand Chelem de la saison en cours, et les changements d’équipementier annoncés dans l’année. Le premier fait bouger la part sportive, le second fait bouger la part de loin la plus lourde.
Quelle sportive gagne le plus au monde ?
Dans la dernière édition du classement Forbes, parue en décembre 2025, la joueuse de tennis américaine Coco Gauff occupe la première place pour la deuxième année de suite, avec des revenus estimés autour de 33 millions de dollars. Ce montant recouvre ses gains sur le circuit et ses contrats de partenariat, la seconde part pesant nettement plus lourd que la première.
Ces montants correspondent-ils à un salaire ?
Non, et la confusion est fréquente. Il s’agit de revenus agrégés, estimés à partir de sources publiques, qui mélangent primes de tournois, salaires éventuels et contrats d’image. Ils sont annoncés avant impôts, avant commission d’agent et avant frais de structure : entraîneur, préparateur physique, déplacements et équipe se financent sur cette somme.
Pourquoi les joueuses de tennis dominent-elles autant ?
Parce que leur discipline réunit des conditions rares : un sport individuel où l’athlète est identifiée seule, un circuit mondial actif presque toute l’année, des dotations alignées sur celles des hommes dans les grands tournois, et une antériorité médiatique que d’autres sports féminins construisent seulement maintenant. Le résultat est une exposition continue, exactement ce que recherchent les annonceurs.
Pourquoi les chiffres diffèrent-ils selon les sources ?
Parce que personne ne dispose des contrats réels. Chaque classement recompose les revenus avec sa propre méthode : périmètre des partenariats retenus, traitement des primes différées, prise en compte ou non des participations dans des marques. Un écart de deux ou trois millions de dollars sur une première place traduit une différence de calcul, pas une erreur.
L’écart avec les sportifs masculins se réduit-il ?
Lentement, et par le haut. Les montants du classement féminin progressent, le nombre d’athlètes dépassant les dix millions de dollars augmente, et davantage de disciplines y sont représentées. Mais la structure reste la même : tant que les droits télévisés et les masses salariales des ligues masculines resteront sans équivalent, l’écart global se réduira plus vite en pourcentage qu’en valeur absolue.
Tant que les droits télévisés et les partenariats commanderont l’essentiel des revenus, ce classement continuera de récompenser la visibilité autant que la performance.