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Bateaux Parisiens

la compagnie, ses deux quais et ses vrais concurrents

Deux majuscules qui changent tout : Bateaux Parisiens est une société, pas un type de bateau. Ses embarcadères, sa flotte, ses itinéraires, et ce que ses rivaux ont d’inattendu.

Bateau de promenade sur la Seine à Paris, devant les façades du Louvre et un pont de pierre.
Réponse rapide

Bateaux Parisiens est le nom d’une compagnie de croisières sur la Seine, créée en 1956, et non une catégorie d’embarcation. Elle exploite une douzaine de bateaux entièrement vitrés, répartis entre promenades commentées et bateaux-restaurants, et embarque depuis deux quais distincts : le port de la Bourdonnais au pied de la tour Eiffel, et le quai de Montebello face à Notre-Dame. Les deux départs n’ont ni le même itinéraire, ni les mêmes conditions de réservation, ni la même accessibilité.

  • Une société : créée en 1956, passée sous contrôle du groupe Sodexo en 1987.
  • Deux embarcadères : port de la Bourdonnais (7e) et quai de Montebello (5e).
  • Douze bateaux : huit de promenade, quatre restaurants, tous vitrés.
  • Le contre-pied : plusieurs enseignes rivales de la Seine relèvent du même groupe.

Bateaux Parisiens, un nom propre et pas une catégorie

La majuscule change tout. Un bateau parisien, au sens commun, désigne n’importe laquelle des embarcations qui naviguent dans Paris : vedette, péniche, navette. Bateaux Parisiens, avec ses deux majuscules, désigne une société précise, créée en 1956, exploitante de croisières touristiques sur la Seine.

La distinction n’a rien de pointilleux. Elle décide de ce que le lecteur trouve au bout de sa recherche : une famille d’embarcations d’un côté, un billet à réserver de l’autre. Et elle explique une bonne part des confusions qui suivent, à commencer par la plus tenace de toutes.

Car « bateau-mouche » n’est pas non plus un terme neutre. L’expression désigne dans le langage courant tout bateau de promenade sur la Seine, mais c’est aussi une marque déposée, exploitée par une autre compagnie, installée sur un autre quai. Confondre les deux revient à se présenter à un embarcadère avec le billet d’un concurrent.

Deux embarcadères que plusieurs kilomètres séparent

C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse en temps. La compagnie n’a pas un point de départ, mais deux, situés aux deux extrémités du parcours touristique classique, et séparés par près de quatre kilomètres le long du fleuve. Le réflexe utile tient en une ligne : lire le quai indiqué sur la confirmation de réservation, jamais le nom du monument mentionné dans le titre de la croisière.

Au pied de la tour Eiffel

Le premier embarcadère, historique et de loin le plus fréquenté, se trouve port de la Bourdonnais, dans le 7e arrondissement. On y accède depuis le Champ-de-Mars ou le pont d’Iéna, et l’embarquement se fait au niveau du fleuve, en contrebas des quais hauts, à un ponton identifié par un numéro. C’est de là que partent les croisières promenade et l’ensemble des croisières avec repas. Pour un petit groupe, la réservation n’est pas obligatoire, ce qui autorise la visite improvisée.

Face à Notre-Dame

Le second se trouve quai de Montebello, dans le 5e arrondissement, sur la rive gauche, face à la cathédrale. Le fonctionnement y est différent : la réservation est obligatoire et les billets sont horodatés, donc rattachés à un créneau précis. Un point mérite d’être connu avant de réserver : ce départ n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite, alors que les croisières commentées et les croisières avec repas au départ de la tour Eiffel le sont, à l’exception des sanitaires.

Ce qui change Port de la Bourdonnais (7e) Quai de Montebello (5e)
Repère Au pied de la tour Eiffel Face à Notre-Dame, rive gauche
Croisières au départ Promenade commentée et croisières avec repas Croisière commentée uniquement
Réservation Facultative pour un petit groupe Obligatoire, billets horodatés
Mobilité réduite Accessible, hors sanitaires Départ non accessible

Où vont les bateaux, et pendant combien de temps

C’est l’information que les pages de revente omettent le plus souvent, alors qu’elle départage deux billets mieux que n’importe quel argumentaire. Les parcours diffèrent nettement selon le format choisi, et ils ne montrent pas le même Paris.

La promenade, une heure sans escale

Au départ de la tour Eiffel, la croisière commentée descend le fleuve jusqu’à l’île Saint-Louis, contourne l’île et remonte au point de départ. Une heure, sans escale : on ne descend pas en route, et le bateau ne s’arrête pas. Le trajet couvre donc le cœur monumental de Paris, des Invalides au Louvre, de l’Institut de France à la Conciergerie, avec Notre-Dame comme point de bascule.

Au départ de Notre-Dame, le parcours est le même à l’envers, en plus long : le bateau rejoint d’abord l’île Saint-Louis, puis remonte jusqu’à la tour Eiffel avant de faire demi-tour. On commence par la cathédrale au lieu de la finir par elle, ce qui change la dramaturgie de la promenade.

Les croisières avec repas vont beaucoup plus loin

Elles durent naturellement plus longtemps, le service à table imposant son rythme, mais surtout elles couvrent une portion de Seine bien plus large : de la statue de la Liberté, sur la pointe aval de l’île aux Cygnes, jusqu’à la Bibliothèque nationale de France, en amont. Un Paris différent défile alors derrière les vitres — celui des ponts contemporains, des quais de l’est et des bâtiments récents, que la promenade d’une heure ne montre jamais.

La conséquence pratique mérite d’être posée clairement : choisir une croisière avec repas n’ajoute pas seulement un dîner à une promenade, cela change l’itinéraire. Ceux qui viennent d’abord pour la vue et non pour la table ont intérêt à savoir laquelle des deux portions de fleuve les intéresse.

Temps réel à prévoir

À la durée de navigation s’ajoute le temps d’embarquement, qui n’est pas anecdotique en haute saison ni en soirée. Compter une bonne demi-heure d’avance pour un départ d’été au port de la Bourdonnais, davantage si l’on tient à choisir sa place côté fenêtre. Les parcours décrits ici sont ceux habituellement pratiqués par la compagnie et peuvent varier selon la saison ou l’état du fleuve.

Douze bateaux vitrés, et une contrainte qui explique leur forme

La flotte compte une douzaine de bateaux, répartis en deux familles selon qu’on y regarde Paris ou qu’on y dîne.

Huit unités

Les bateaux de promenade

Ils portent des noms de figures du cinéma et de la chanson française : Jean Marais, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, Brigitte Bardot, Yves Montand, Juliette Gréco. Le huitième, le Pierre Bellon, porte celui du fondateur du groupe propriétaire : c’est le navire amiral, un trimaran mis en service au début des années 2010, capable d’embarquer plusieurs centaines de passagers. Le Jean Marais, lui, assure le départ de Notre-Dame, avec des plateformes extérieures qui permettent de regarder la ville depuis le pont plutôt qu’à travers une vitre.

Quatre unités

Les bateaux-restaurants

Le Bretagne, le Diamant II, le Cristal II et l’Onyx. Le premier est le doyen de la flotte, baptisé au milieu des années 1950 et restauré depuis. L’Onyx a marqué une étape : inauguré dans les années 1980, il a été le premier bateau entièrement vitré de la compagnie, une signature reprise ensuite sur l’ensemble des unités. Ce sont ces quatre bateaux qui assurent les croisières déjeuner et dîner, avec cuisine et service embarqués.

Le vitrage intégral n’est pas un choix esthétique. Il répond au fait qu’une croisière sur la Seine se pratique toute l’année, y compris en janvier sous la pluie, et qu’un bateau à ciel ouvert perdrait la moitié de sa saison d’exploitation.

La silhouette, elle, obéit à une contrainte plus ancienne que la compagnie : la Seine parisienne est un couloir bordé de ponts bas. Toute embarcation qui y circule doit rester basse sur l’eau et présenter un faible tirant d’air, quitte à sacrifier la hauteur sous plafond et les superstructures. C’est pourquoi ces bateaux ressemblent tous, de loin, à de longues galeries vitrées posées à fleur d’eau.

Le paradoxe des concurrents

plusieurs enseignes, un seul groupe

Tous les comparatifs de croisières parisiennes procèdent de la même façon : ils alignent les compagnies comme autant de rivales et invitent à choisir. La réalité capitalistique est plus simple, et personne ne la mentionne.

Bateaux Parisiens appartient depuis 1987 au groupe Sodexo, et l’exploitation est portée par une filiale dédiée. Or deux autres enseignes bien connues du fleuve relèvent du même ensemble : les Vedettes de Paris, qui embarquent au port de Suffren, et le Batobus, la navette fluviale à escales multiples. Trois enseignes, trois formats, un actionnaire.

Comparer les Bateaux Parisiens au Batobus n’a donc rien d’un arbitrage entre deux entreprises rivales : c’est un choix entre deux produits d’un même groupe, l’un vendant une promenade commentée d’un seul tenant, l’autre un droit de circulation à la journée entre des escales.

La Compagnie des Bateaux-Mouches, elle, reste indépendante. C’est la vraie concurrente, installée sur la rive droite au niveau du pont de l’Alma, avec sa propre flotte et sa propre marque déposée. La distinction mérite d’être connue, ne serait-ce que parce qu’elle explique pourquoi les deux enseignes n’ont jamais fusionné leurs billetteries.

Reste l’échelle, qui situe le lecteur mieux qu’un long développement : la compagnie annonçait 3,4 millions de passagers transportés sur l’année 2017, dernier chiffre largement documenté. On ne réserve pas de la même façon sur un service de cette taille et sur une vedette d’une cinquantaine de places.

Groupes, privatisations et vérifications avant de réserver

Le visiteur individuel n’est pas le seul client de ces bateaux, et cela explique une partie du fonctionnement de la billetterie.

Privatiser un bateau, ou une partie

La compagnie commercialise des formules pour groupes et des privatisations, du petit comité jusqu’à l’événement d’entreprise occupant une unité entière. Concrètement, cela signifie deux choses pour un particulier. D’abord qu’au-delà d’un certain nombre de personnes, la réservation cesse d’être facultative même au départ de la tour Eiffel. Ensuite qu’un bateau peut être indisponible à la vente publique sur un créneau donné parce qu’il est déjà privatisé, ce qui explique certaines absences inattendues au calendrier.

Ce qu’il reste à contrôler

Les points suivants se vérifient en quelques minutes et évitent l’essentiel des mauvaises surprises.

  1. Le calendrier de la saison

    Les jours et les fréquences de départ varient d’un mois à l’autre, certaines croisières ne fonctionnant que quelques jours par semaine hors saison. Une information trouvée sur une page tierce, même récente, mérite d’être recoupée avec le calendrier de l’opérateur.

  2. Ce que le billet comprend réellement

    Entre une promenade sèche, une croisière avec une consommation, un déjeuner servi à table et un dîner avec placement, l’écart de prestation est considérable. Le placement en fenêtre est parfois une option et non un droit acquis.

  3. La nature du commentaire

    Certains opérateurs de la Seine diffusent un enregistrement multilingue, d’autres embarquent un guide qui parle en direct. Ce n’est pas un détail : l’expérience à bord n’a rien à voir selon le cas, et l’information figure rarement en évidence sur les pages de revente.

  4. L’accès au quai le jour même

    L’embarquement se fait au niveau du fleuve, par des escaliers ou des rampes selon les quais. Avec une poussette, des bagages ou une personne à mobilité réduite, le choix de l’embarcadère devient un critère à part entière — le départ de Notre-Dame n’étant pas accessible.

Une croisière sur la Seine se réserve donc en trois décisions plutôt qu’une : le quai, le format, et la portion de fleuve que l’on veut voir défiler. Les tarifs et les horaires, eux, changent à chaque saison et ne se lisent que sur le calendrier de l’opérateur.

Bateaux Parisiens et Bateaux-Mouches, est-ce la même chose ?

Non. Ce sont deux compagnies distinctes, aux capitaux séparés et aux quais différents. Bateaux Parisiens embarque au pied de la tour Eiffel et face à Notre-Dame ; la Compagnie des Bateaux-Mouches embarque au niveau du pont de l’Alma, sur la rive droite. Le mot « bateau-mouche » sert de nom commun dans le langage courant, mais il correspond aussi à une marque déposée qui appartient à la seconde.

D’où partent exactement les Bateaux Parisiens ?

De deux endroits. Le port de la Bourdonnais, dans le 7e arrondissement, au pied de la tour Eiffel, d’où partent les croisières promenade et les croisières avec repas. Et le quai de Montebello, dans le 5e arrondissement, face à Notre-Dame, sur la rive gauche. Les deux embarcadères sont séparés de près de quatre kilomètres le long du fleuve.

Combien de temps dure une croisière ?

La promenade commentée dure une heure, sans escale ni arrêt. Les croisières avec repas durent nettement plus longtemps, le service à table imposant son rythme, et suivent un itinéraire différent, plus large. Dans tous les cas, il faut ajouter le temps d’embarquement, à ne pas sous-estimer en été ou en soirée.

Quel itinéraire suivent les bateaux ?

La promenade au départ de la tour Eiffel descend jusqu’à l’île Saint-Louis, la contourne et remonte. Celle qui part de Notre-Dame rejoint l’île Saint-Louis puis remonte jusqu’à la tour Eiffel avant de faire demi-tour. Les croisières avec repas couvrent une portion bien plus large, de la statue de la Liberté à la Bibliothèque nationale de France.

Les croisières sont-elles accessibles aux personnes à mobilité réduite ?

Les croisières commentées et les croisières avec repas au départ du port de la Bourdonnais sont annoncées accessibles, à l’exception des sanitaires. La croisière au départ de Notre-Dame ne l’est pas. C’est une différence de premier ordre entre les deux embarcadères, à vérifier avant de choisir son billet.

Les bateaux sont-ils couverts en cas de pluie ?

Oui. La flotte est entièrement vitrée, ce qui permet d’exploiter les croisières toute l’année, y compris en plein hiver. Certains bateaux disposent en complément de terrasses ou de plateformes extérieures, agréables à la belle saison mais qui ne conditionnent pas la tenue de la croisière.

Quelle différence avec le Batobus ?

Le format, pas la compagnie. Une croisière promenade est un trajet commenté d’un seul tenant, que l’on suit du début à la fin. Le Batobus est une navette à escales multiples, où l’on monte et descend librement avec un pass, comme un bus sur l’eau. Les deux relèvent par ailleurs du même groupe.

Peut-on privatiser un bateau ?

Oui, la compagnie commercialise des formules pour groupes et des privatisations, du petit comité jusqu’à l’événement occupant une unité entière. Cela explique aussi qu’un créneau puisse être absent de la vente publique : le bateau est alors déjà réservé.