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SUV Rolls-Royce

ce qu’est vraiment le Cullinan, version par version

Un seul modèle, une plateforme partagée avec la Phantom, trois déclinaisons souvent confondues et un V12 qui n’est plus condamné à disparaître en 2030.

Calandre Pantheon chromée et statuette Spirit of Ecstasy sur le capot d'une Rolls-Royce blanche
Réponse rapide

Le seul SUV de Rolls-Royce est le Cullinan, lancé en 2018 et nommé d’après un diamant. La marque refuse ce mot et parle d’une voiture haute à vocation tout-terrain. Sous la carrosserie : la plateforme aluminium de la Phantom, un V12 de 6,75 litres, la transmission intégrale et quatre roues directrices.

  • Un seul modèle : le Cullinan, depuis 2018, assemblé à Goodwood.
  • 571 chevaux en version courante, 600 chevaux et 900 Nm en Black Badge.
  • Series II : mise à jour de 2024, calandre Pantheon éclairée et feux verticaux.
  • Hors route : suspension relevable et transmission intégrale, mais ni réducteur ni pneus de franchissement.
  • Électrique : l’objectif d’une gamme à batterie en 2030 a été abandonné, le V12 reste.

Le SUV Rolls-Royce s’appelle Cullinan, et la marque refuse ce mot

Il n’y a pas plusieurs SUV chez Rolls-Royce : il y en a un, le Cullinan, apparu en 2018 et toujours seul dans cette carrosserie. Son nom vient du diamant Cullinan, la plus grosse pierre brute de qualité gemme jamais extraite, découverte en Afrique du Sud en 1905. La maison nomme ses modèles d’après des figures immatérielles ou des pierres, jamais d’après une plaque de gamme.

Le détail qui compte pour comprendre l’objet : le constructeur n’a jamais employé le mot SUV pour le désigner. Il parle d’une voiture haute à vocation tout-terrain, formule choisie pour se démarquer d’une étiquette qui recouvre aujourd’hui des crossovers urbains de quatre mètres comme des franchisseurs à réducteur. Derrière cette formule, il y a un cahier des charges précis : la position de conduite haute et l’accès aux mauvaises routes, sans rien céder sur le silence et le confort de suspension d’une berline de la marque.

Un Cullinan ne cherche donc ni la performance d’un SUV de sport, ni la polyvalence d’un utilitaire de loisir. Il transporte quatre ou cinq personnes sur une route dégradée, une piste ou un chemin de propriété, sans mouvement de caisse et sans bruit de roulement.

Ce qu’il y a sous la carrosserie du Cullinan

Le modèle repose sur la plateforme maison de la marque, un châssis à structure aluminium baptisé Architecture of Luxury. C’est la même base modulaire que la Phantom, la Ghost et la Spectre électrique, adaptée en hauteur et en voies. Elle explique une bonne part du comportement : une caisse très rigide, une isolation phonique traitée dès la structure, et la possibilité de faire varier l’empattement d’un modèle à l’autre.

La motorisation est un V12 de 6,75 litres à double turbo, associé à une boîte automatique à huit rapports et à la transmission intégrale. Les versions courantes annoncent 571 chevaux, une valeur modeste au regard des SUV de sport de la même époque : la marque privilégie le couple disponible à bas régime plutôt que la performance chronométrée, et n’a jamais fait de l’accélération un argument.

Trois éléments de châssis font la différence à l’usage. Les quatre roues directrices d’abord, qui réduisent le rayon de braquage d’une voiture de plus de 5,3 mètres. La suspension pneumatique ensuite, qui ajuste la garde au sol et se règle à partir d’une caméra lisant la route devant les roues, pour préparer l’amortissement avant même de rencontrer le défaut. Les barres antiroulis actives enfin, qui limitent le mouvement de caisse d’un véhicule proche de 2,7 tonnes.

Côté habitabilité, le Cullinan se commande en quatre ou cinq places, avec une banquette classique ou deux sièges individuels séparés par une console. Le coffre est isolé de l’habitacle par une cloison vitrée fixe, ce qui préserve le silence à bord quand le hayon est ouvert, et l’accès se fait par un hayon en deux parties. C’est la seule Rolls-Royce dotée de ce type d’ouverture, et c’est précisément ce que la carrosserie haute apporte par rapport à une Phantom : on charge par l’arrière sans ouvrir l’habitacle.

L’ensemble est assemblé à Goodwood, dans le sud de l’Angleterre, où la marque produit toute sa gamme.

Standard, Black Badge, Series II

trois lectures du même modèle

Les trois dénominations ne désignent pas trois voitures différentes, et la confusion est fréquente jusque dans les annonces d’occasion. Series II est la mise à jour du modèle présentée en 2024, et elle concerne toute la gamme. Black Badge est une déclinaison de caractère, plus sombre et plus puissante, qui existe en Series II comme avant elle.

Version courante

Le Cullinan de série

V12 6,75 litres de 571 chevaux, transmission intégrale, quatre roues directrices. La lecture confort du modèle, celle qui privilégie le silence et la souplesse de suspension.

Déclinaison

Black Badge

600 chevaux et 900 Nm, chromes assombris, entrées d’air élargies, réponses plus directes. Base technique identique : c’est un positionnement, pas un autre modèle.

Millésime 2024

Series II

Calandre Pantheon éclairée, une première chez la marque, feux de jour verticaux, jantes jusqu’à 23 pouces et vitrine d’horloge avec Spirit of Ecstasy à bord.

Reste la personnalisation, qui pèse plus lourd que la déclinaison chez ce constructeur. Le programme Bespoke permet de commander teintes, marqueteries et équipements sur mesure, jusqu’au Recreation Module : un tiroir motorisé d’environ 48 litres qui s’escamote dans le plancher du coffre pour ranger un nécessaire de sport ou de pique-nique. Deux Cullinan sortis la même semaine de Goodwood peuvent n’avoir en commun que leur silhouette.

Ce que le Cullinan sait faire quand le bitume s’arrête

La question revient souvent, et la réponse honnête tient en une nuance. Le Cullinan sort du bitume mieux que la plupart des SUV de luxe, et beaucoup moins bien qu’un franchisseur conçu pour cela.

Ce qui l’aide : la transmission intégrale permanente, la suspension pneumatique qui relève la caisse d’environ quatre centimètres en mode tout-terrain, et une gestion électronique accessible d’un seul geste, sans menu à explorer. Sur une piste sèche, un chemin forestier ou une prairie portante, la voiture avance sans drame et surtout sans bruit.

Ce qui l’arrête : la masse, la largeur, les pneus taille basse montés sur des jantes de 22 ou 23 pouces, l’absence de boîte de transfert à rapports courts et le coût des éléments de carrosserie. Un rocher, une ornière profonde ou une traversée de gué sérieuse relèvent d’un autre matériel. Ce que le matériel permet, c’est la route de montagne enneigée, le chemin privé et l’accès de station : pas le franchissement.

Attention aux vidéos de démonstration

Les séquences de Cullinan dans le sable ou la boue tournées pour la communication sont réalisées avec des pneumatiques adaptés et un terrain préparé. Sur un exemplaire de série chaussé en 23 pouces, la limite est atteinte bien plus tôt.

Face aux autres SUV de luxe

Le rival direct est le Bentley Bentayga, avec lequel le Cullinan partage un actionnaire et une clientèle, mais pas de plateforme. Les critères qui séparent réellement ces voitures sont l’origine du châssis, le type de moteur, l’existence ou non d’une culture tout-terrain dans la maison, et la profondeur de la personnalisation.

ModèleOrigine de la plateformeCe qui le distingue
Rolls-Royce CullinanArchitecture maison en aluminium, partagée avec Phantom et GhostV12 6,75 l, cloison vitrée de coffre, personnalisation Bespoke sans équivalent
Bentley BentaygaArchitecture de groupe partagée avec Audi et PorscheChoix de moteurs plus large, dont hybride rechargeable
Lamborghini UrusMême architecture de groupe, réglages sportifsV8 démonstratif, comportement de sportive surélevée
Range Rover haut de gammeArchitecture maison Land RoverCulture tout-terrain réelle, réducteur et aptitudes de franchissement

Sur le papier, le Range Rover est le plus proche par l’usage, et le seul à revendiquer une vraie compétence de franchissement. Le Cullinan, lui, se distingue par sa base technique dédiée et par un niveau de personnalisation que ses rivaux traitent en options catalogue. L’ordre de grandeur tarifaire suit la même logique : au-delà de 300 000 euros avant personnalisation, un sujet qui mérite son propre traitement.

Un Cullinan électrique, et quand ?

La réponse a changé récemment, et beaucoup de pages ne l’ont pas répercutée. Rolls-Royce avait annoncé une gamme entièrement électrique à l’horizon 2030. Cette promesse a été abandonnée par la direction actuelle, qui invoque l’évolution des réglementations et la demande persistante de sa clientèle pour le V12.

Concrètement : la Spectre, coupé électrique lancé fin 2023, reste le seul modèle à batterie de la marque, et vient de recevoir une mise à jour qui allonge son autonomie. Le Cullinan conserve son V12, sans échéance publique de remplacement.

Pour un acheteur, cela change deux choses. La première, c’est que le V12 n’est plus une motorisation en sursis à date connue : sa présence au catalogue n’est plus bornée par un engagement public, ce qui retire de la pression sur la valeur de revente à court terme. La seconde, c’est qu’aucun basculement vers l’électrique n’est imposé à la clientèle du modèle dans les prochaines années.

La presse spécialisée évoque un SUV électrique plus compact que le Cullinan, placé sous lui dans la gamme, pour la fin de la décennie. Aucune date officielle ne l’accompagne, et l’histoire récente des annonces de la marque invite à traiter ces calendriers comme des intentions.

Le Cullinan reste un cas isolé dans son segment : une carrosserie haute posée sur une architecture pensée pour des berlines, avec le silence comme cahier des charges principal.

Combien de SUV Rolls-Royce existe-t-il ?

Un seul, le Cullinan, commercialisé depuis 2018. Les autres modèles de la marque sont des berlines ou des coupés : Phantom, Ghost et Spectre. La presse spécialisée évoque un second modèle surélevé, plus compact et électrique, mais rien n’est officiel à ce jour.

Quelle est la puissance du Cullinan ?

Les versions courantes annoncent 571 chevaux avec le V12 6,75 litres biturbo. La Black Badge Series II monte à 600 chevaux et 900 Nm de couple. Rolls-Royce met en avant la disponibilité du couple à bas régime plutôt que les chiffres d’accélération.

Le Cullinan est-il un vrai tout-terrain ?

Il passe mieux que la plupart des SUV de luxe grâce à sa transmission intégrale et à sa suspension pneumatique relevable, mais il n’a ni rapports courts ni pneus adaptés au franchissement. Piste sèche, chemin forestier et route de montagne oui ; ornières profondes, rochers et gués sérieux, non.

Quelle est la différence entre Cullinan et Cullinan Black Badge ?

Black Badge est une déclinaison de caractère : chromes assombris, entrées d’air élargies, réponses plus directes, et une puissance portée à 600 chevaux contre 571. La base technique reste identique, plateforme comme moteur. C’est un positionnement, pas un modèle différent.

Rolls-Royce prépare-t-il un SUV électrique ?

L’objectif d’une gamme 100 % électrique en 2030 a été abandonné par la direction actuelle, qui met en avant la demande de sa clientèle pour le V12. La Spectre reste le seul modèle électrique. Un SUV électrique plus compact que le Cullinan est évoqué par la presse spécialisée pour la fin de la décennie, sans date officielle.